Aéronef ambassadeur

Aventures avec le G-AKDN - Chapitre 8

Sans trop savoir dans quelle aventure nous nous lancions, nous avons loué un autre hangar à l’aéroport, y avons garé le KDN et avons commencé à le démanteler complètement — les ailes, le train d’atterrissage, les stabilisateurs horizontal et vertical, la gouverne de direction, les ailerons, les volets, la verrière du poste de pilotage, le capot, l’hélice et les sièges, tout y est passé. Résultat : un hangar rempli de pièces, mais pas d’avion. Qu’avions-nous fait! Une tâche colossale nous attendait et nous ne pouvions revenir en arrière.

Nous avons arraché toute la vieille toile et entreposé les pièces. Le moment venu, nous les utiliserions comme modèles pour installer la nouvelle toile. Pour l’instant, cette tâche nous semblait toutefois bien loin. La bonne nouvelle, c’est que toute la structure sous la toile était en parfait état — pas de dommages ni de réparations nécessaires. Les plaques signalétiques et les numéros de série concordaient tous, ce qui confirmait que le KDN était authentique jusque dans les moindres détails.

Mettant de côté toutes les pièces qui devaient être recouvertes de toile, nous nous sommes attaqués au décapage de la vieille peinture sur les parties restantes. Tom nous avait avertis que nous ne serions pas contents de ce que nous allions trouver sous la peinture. Après 58 ans, nous nous attendions à ce que la peinture dissimule beaucoup de dommages, d’usure et de détérioration. Rien n’allait toutefois nous dissuader de lui redonner son aluminium d’origine et sa couleur verte. Il était sûr que le KDN avait été entretenu de manière responsable et, donc, nous ne nous attendions pas à de mauvaises surprises.

Armés de décapant à peinture, de gants de caoutchouc et d’huile de coude, nous nous sommes mis à la tâche. Et quelle tâche épouvantable! À elles seules, les vapeurs auraient suffi à nous tuer. Sans compter les brûlures causées par le décapant, qui nous ont laissé des cicatrices à vie. Avoir su ce qui nous attendait, nous n’aurions probablement jamais sauté dans l’aventure. Mais qui ne risque rien n’a rien. Nous avons donc continué. Les emplois que nous occupions le jour n’avaient rien à voir avec ce que nous faisions le soir, les fins de semaine et les jours de congé à travailler sur le KDN. Quand j’y repense, cette expérience a permis de créer une grande amitié entre James et moi. Nous étions tous deux découragés, mais comme nous étions déterminés et que nous écoutions les conseils de gens spécialisés, que nous apprenions de nouvelles compétences et que nous nous faisions confiance l’un et l’autre, nous nous sommes vite aperçus que l’expérience nous plaisait.

Puis, l’été a passé, occupés en grande partie à échanger nos expériences personnelles. Au fur et à mesure que nous décapions la peinture, nous découvrions une cellule en excellent état. Tom a dû, bien sûr, remplacer quelques pièces; elles étaient tellement endommagées qu’elles risquaient de compromettre la sécurité du vol. Dans l’ensemble, toutefois, même lui était étonné du bon état de l’appareil. L’étape suivante consistait donc à polir l’aluminium. Encore une fois, c’était un travail éreintant, qui exigeait beaucoup de temps. Toutefois, plus on avançait, plus l’aéronef s’améliorait. Nous avions entre les mains un diamant brut qui, maintenant, commençait à briller.

À suivre…


La toile enlevée, les ailes ne révèlent pas de dommages antérieurs et toutes les plaques signalétiques sont intactes.


L’apprentissage de l’art du polissage de l’aluminium, une étape à la fois.


Une belle « carcasse »… pas celle de James, celle du KDN!

 
Le résultat de nombreuses semaines à décaper la vieille peinture.

 
L’un des jeunes hommes à qui nous avons demandé de l’aide.

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