Aéronef ambassadeur

Aventures avec le G-AKDN - Chapitre 14

Le ciel a bien failli nous tomber sur la tête. À la course aérienne de Reno, Karen et moi regardons l’avion modifié P-51 Mustang foncer à plus de 300 milles à l’heure; l’instant d’après, le nez de l’appareil se redresse et l’avion se hisse à 1 000 pieds, se tourne le ventre, ne bouge plus, puis pique droit vers nous!

Le temps s’arrête. J’attrape le bras de Karen et je cours. Je regarde derrière moi et je vois le Mustang qui accélère. Puis, lentement, le nez de l’appareil se redresse et l’avion change direction. Il fonce dans la grande tribune bondée. Nous sommes sous le choc, mais sains et saufs. 

Et la journée n’est pas finie. Quelques heures plus tard, nous recevons un appel qui nous avertit que le musée de Downsview ferme ses portes et que notre Chipmunk KDN risque d’y rester sous clé! Ce n’est vraiment pas une bonne journée.

Autrefois, James et moi aimions piloter le KDN lors d’activités en Saskatchewan. Toutefois, nous avons décidé que le meilleur sort pour l’avion serait qu’il fasse partie de la collection du musée situé dans le même immeuble où il a été construit. Nous avons rencontré la direction du musée et avons pris les dispositions nécessaires pour faire don de l’appareil, si le musée pouvait le protéger en lui obtenant la désignation de bien culturel canadien. Ainsi, l’avion serait protégé pour toujours et reconnu comme un trésor national.

Entre-temps, nous acceptons de faire voler l’avion jusqu’au musée et de le faire exposer. Une autre traversée palpitante du Canada. Cette fois, nous survolons la rive nord des Grands Lacs. Tout va bien, jusqu’à ce que nous trouvions un boulon cassé lors d’un arrêt pour faire le plein d’essence. Normalement, cela ne pose pas de problème, mais nous sommes à Gore Bay dans l’île Manitoulin, loin de tout, surtout des pièces de rechange. Nous pensons bien être cloués au sol pour un bon bout de temps. À notre grande surprise, deux heures plus tard, nous voilà prêts à partir. Quelques hommes talentueux de l’aérodrome ont réussi à fabriquer un nouveau boulon à partir d’une pièce de métal. Nous l’installons et nous sommes prêts à partir. On rencontre des gens vraiment étonnants dans le monde de l’aviation.

Nous arrivons à Downsview, où le KDN est accueilli encore une fois comme la célébrité qu’il est. Nous passons quelques jours à Downsview, où nous offrons des balades en avion et mettons la dernière main aux détails concernant l’avenir du KDN. Cette séparation me rend très émotif. Je caresse le nez de l’avion et je sors de la pièce, le laissant là où il a été construit il y a 65 ans.

Plus tard, nous dressons tous les documents nécessaires à l’obtention de la désignation de bien culturel et obtenons une garantie quant à la disposition finale de l’appareil. Puis vient cet horrible jour à Reno, où nous avons été avertis de la fermeture du musée. J’ai appelé notre personne-ressource chez Bombardier, qui fabrique des avions au sud-est de l’aérodrome. Celle-ci m’a rassuré en disant que des gens étaient déjà en route pour récupérer le KDN et le transporter jusqu’au hangar de Bombardier, où il pouvait rester aussi longtemps que nécessaire. À la fin d’une journée très éprouvante, nous étions très contents que le KDN, Karen et moi étions tous sains et saufs.

On ne sait jamais ce que demain nous réserve.

À suivre…


Le KDN quitte le musée.


Le KDN, sain et sauf, dans le magnifique hangar de Bombardier.


Le sixième Rendez-vous aérien et automobile a eu lieu cette année à l’aéroport de Downsview, anciennement la BFC de Downsview, à la fin de mai. Malgré le mauvais temps, les spectateurs ont été au rendez-vous, tout comme la gamme d’aéronefs d’époque et d’automobiles anciennes et classiques. L’un des joyaux de cette exposition est le plus vieux Chipmunk fonctionnel de de Havilland au monde à ce qu’on dit, qui a été construit en 1947 au Canada, le numéro de série 11. Piloté par ses propriétaires, David Gillespie et James Brooke, l’appareil a fait le trajet depuis la Saskatchewan en deux jours. L’avion devait arriver plus tôt dans la journée, mais la faible hauteur du plafond nuageux et le brouillard ont retardé son arrivée jusqu’au milieu de l’après-midi. Malgré tout, l’avion s’est bien rendu, et il a été le clou de la journée pour bien des gens, alors qu’il revenait au lieu où il a été construit par de Havilland Canada, 64 ans plus tôt.

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